le Weyr des nomades de l'ouest
 
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Rafaël
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MessageSujet: Requete.   Lun 8 Mai à 17:03

Rafael devait demander quelque chose a son seigneur de père. Sachant qu'avec lui, il etait inutile de forcer les etapes, il avait deposé une demande prioritaire d'audience.
Seulement cela avait beau être prioritaire, il avait du ATTENDRE au moins un quart d'heure que son pere termine avec un maitre d'un atelier quelconque !
L'adolescent, agacé, furieux, faisait les cents pas dans l'antichambre de son bureau. L'idée de passer apres un manant le mettait dans une rage folle. Presque plus encore que le fait de devoir attendre pour parler a son pere.
Lorsqu'enfin l'homme sortit du bureau, Rafael se dirigea vers la porte non sans bousculer volontairement le type et lui lancer un regard noir.
Il entra dans le bureau de son pere et posa ses mains sur celui-ci, cherchant son regard.
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Falkir
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MessageSujet: Re: Requete.   Lun 8 Mai à 18:37

Falkir écoutait avec patience le maître guérisseur qui avait demandé à le voir. Cela faisait quelques heures qu’il recevait les différents représentants des ateliers, et le Seigneur était toujours autant impliqué dans les conversations, mettant de côté sa fatigue permanente qui commençait à lui peser. Après une discussion avec un des chevaliers dragons, il devait à présent résoudre le problème d’épidémie qui frappait un des forts sous sa protection avec le guérisseur. Lorsque ce dernier eut fini, Falkir le laissa se retirer.

« Très bien, vous pouvez être sur que je m’intéresse de près à cette affaire, tenez moi au courant surtout. Passez une bonne journée. »

Puis il ne jeta pas un regard à son fils entrant dans la pièce d’un pas déterminé. Il était encore plongé dans ses parchemins lorsque le jeune garçon se mit à poser ses mains sur son bureau. Il fronça les sourcils sans pour autant lever les yeux laissant un silence pesant s’installer.
Lorsqu’il eut terminé il croisa le regard de son fils et lui dit d’un ton bourru :

« Assois-toi. »

Lui-même s’exécuta avant de croiser les bras, signe qu’il attendait que son fils lui indique la raison de sa venue. Il lui jeta un regard qui pour une fois ne laissait passer aucune émotion, se contentant de regarder fixement le jeune garçon.
Il rajouta d’une voix ferme :

« Que veux-tu ? »

C’était simple et clair, exactement ce qu’aimait l’homme, trouvant inutile de se perdre en formules de politesse et longs discours. Il attendit avec cette même patience une réponse de la part de Raphaël.
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Rafaël
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 11 Mai à 15:09

Rafael, pas du tout demonté par le ton froid du seigneur, répondit de ses yeux verts intenses rendus plus foncés par l'indignation et la colere. Le calme olympien de son pere le mettait hors de lui. Non seulement il le faisait attendre, non seulement il l'ignorait pendant bien 5 minutes, faisant semblant de se pencher dans un tas de parchemin poussiereux, mais en plus il voulait le battre froid ? Pour qui il se prenait ? Apres tout ce n'etait QUE son pere ! Pas comme s'il etait important.
Il prit une profonde inspiration.

Le nouveau coureur que tu m'as fait acheter a bien 3 REVS ! Qu'est ce que tu veux que je fasse d'une pareille carne ? En plus il n'est pas même noir ! Je t'ai pourtant dit que je n'en voulait plus de bai ! Tu peux me dire ou tu avais la tête ?! J'ai du ATTENDRE au moins une période !!!!

Une fois cette colere exprimée, l'adolescent se calma brusquement, s'assit sur le bureau, sans faire attention aux parchemins qu'il froissait et repris tranquillement en regardant ses ongles.

D'ailleurs, je me balladais toute a l'heure sur ce...je ne veux même pas donner le nom de "coureur" a cette chose... enfin bref, et une dizaine de tuiles sont tombées d'une maison délabrée juste devant moi.
Tu imagines mon courroux ! J'ai bien dit a ces manants qu'il entendraient parler de moi ! On attente pas a la vie de l'Héritier sans en payer les conséquences !
A mon avis tu devrais raser cette masure en punition.


Il laissa planer un silence, puis ajouta, tres serieusement.

Puis quitte a le raser, fait donc construire quelque chose de plus solide. Ce sont des nids a microbe tout ces trucs ! J'aurais pu tomber malade !

Il releva enfin les yeux, defiant son pere du regard. Qu'il dise quelque chose s'il le voulait. L'adolescent savait tres bien avoir raison, et faire son devoir en listant les maisons insalubre de la ville. Mais il avait fait expres de l'enrober dans son egoisme habituel. Pas question de passer pour un jeune homme soucieux de son devoir.
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 11 Mai à 22:46

Falkir ne sourcilla à aucune des phrases que put prononcer son fils, ne bougeant pas d’un pouce attendant que ce dernier se décide enfin à se taire. Lorsque Raphaël eut fini de formuler ses multiples plaintes, Falkir consentit à bouger légèrement sur son siège. Bien qu’il ne disait rien, ses yeux montraient son agacement mêlé à une pointe de déception. Il ne comprenait pas l’attitude de son fils. Lui même ne s’était jamais montré autant capricieux dans sa toute jeunesse alors pourquoi diable son fils se comportait-il ainsi ? Il ne lui semblait pas avoir fait de faux pas, il lui avait donné tout ce qu’il désirait, il y avait sa mère pour l’aimer, et son précepteur pour s’occuper de son éducation ! Seulement Falkir ne comprenait pas que c’était exactement pour cette raison que son fils se montrait aussi insupportable. Peut être que s il avait été un plus présent pour le garçon, ce dernier se serait montré moins agressif et odieux avec son entourage. Le Seigneur se frotta le menton avant de parler avec sérieux, bien que étrangement calme :

« C’est tout ce que tu as me dire ? Bien donc premièrement c’était le dernier qu’il restait d’un peu près présentable, tu sais très bien qu’une épidémie ravage les écuries de toute la province, j’étais justement en train de régler ce problème avant que tu t’introduises dans mon bureau. Et puis à force de laisser échapper tous les coureurs en ta possession, il est tout à fait normal que le choix se diminue. Tu attendras le prochain sevrage… »

Il se tut alors ayant remarqué au passage le brusque changement de comportement de la part de son fils. C’était d’ailleurs mieux ainsi, il serait alors plus simple de parler avec lui. Cependant, lorsque Raphael se mit à exprimer son mécontentement face à une habitation du Fort. Falkir lui répondit brusquement :

« Ces manants ??! Raphael, je t’ai déjà demandé de traiter le peuple avec respect, crois tu que ces personnes ont vraiment eut le choix de vivre dans des taudis ? Crois tu qu’ils ont choisit de devenir simples paysans ? Toi qui es privilégié tu devrais avoir honte de raisonner ainsi. Tu viens te plaindre de ton coureur alors que certains habitants de ce Fort n’ont même pas de quoi se nourrir ! »

Il rajouta avec un sourire léger, presque imperceptible :

« Mais tu as entièrement raison. Il faut raser cette mansarde, en plus d’atteindre à ta vie, c’est dangereux pour le reste de la population..Et comme tu t’es gentiment proposé pour m’avertir de ce problème, ce sera à toi de t’occuper de ce chantier. Prends cette tache comme un apprentissage dans ta vie d’héritier. Tu t’occuperas entre autre de trouver un logement provisoire pour les « manants » comme tu les appelle, je compte sur toi Raphael. Mais je ne m’inquiète pas trop je sais tu en es capable, si tu t’en donne les moyens. »

Puis, son discours terminé, il reporta son regard sur ses parchemins. Il ne savait pas si c’était une bonne idée de confier ce genre de tache à son fils même si il pensait vraiment ce qu’il venait de dire. Si cela permettait au jeune homme de reprendre un peu d’estime pour les autres et en particulier les plus démunis c’était un risque à prendre. Et puis il pourrait toujours l’aider si ce dernier montre des difficultés. Il avait négligé son fils ces derniers temps, il était seulement dommage qu’il attende que ce dernier lui rende visite pour se décider enfin à lui confier un travail.
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Rafaël
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MessageSujet: Re: Requete.   Sam 13 Mai à 12:35

Attendre, attendre, attendre, attendre. Il passait sa vie a attendre ! L'Héritier ne devrait pas avoir a attendre ! Enfin il n'y avait pas vraiment d'autre solutions. L'adolescent soupira avec bruit, plus pour montrer son mecontentement que par relle envie. Apres tout ce coureur etait pas si pire, il avait juste voulut essayer d'obtenir mieux. Mais il savait qu'il etait impossible de discuter avec son seigneur de pere lorsqu'il etait dans cet etat la. Qu'a cela ne tienne, il reviendrait a la charge plus tard.

Il regarda son pere avec le méprit si caracteristique des adolescent.

Il est evident que je ne les designe pas ainsi en leur presence ! Vous me prenez pour un abrutit ou quoi ? J'ai plus d'intelligence que cela ! Mais je ne vois pas pourquoi c'est offensant de le penser. Un manant est un manan t, je ne vais pas faire semblant de les respecter non plus ? Il y a du travail a foison s'ils veulent manger. Et puis c'est votre travail cela, redistribuer les richesse c'est bien a cela que les impots sont sensés servir non ?!

Il soupira a nouveau. Voila qu'on lui mettait un chantier sur les bras a présent ! Comme s'il n'avait que cela a faire !

D'accord alors on va être clair. Je veux un maitre d'oeuvre qui s'y connaisse, des fonds illimités, une equipe avec au moins un maitre ebeniste et des compagnons de tous les ateliers incriminés. Pas un apprentit et pas des jeunot ! Je veux les meilleurs et les plus sages.
Et les habitants des mansardes devront participer. Avec leur bras s'ils ne peuvent rien donner de leur poche !


Il croisa les bras sur sa poitrine et ajouta fierement

Et je veux trois tenues de chantiers ! Je refuse de salir mes autres habits.
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Falkir
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 18 Mai à 18:39

« Pour ce qui est de ton intelligence, arranges toi pour la montrer autrement que pour dénigrer les gens, le Fort ne s’en portera que mieux ! »

Falkir hocha la tête apparemment satisfait. Au moins il n’aurait plus à supporter les jérémiades de sa progéniture pour cette histoire de coureur. En tout cas pour le moment.

Pensant l’affaire close, le seigneur se désintéressa totalement de son jeune fils pour se replonger dans sa paperasse. Tant de temps perdu à parler de futilités ! Il avait encore beaucoup à faire, et Raphael ne choisissait vraiment pas son moment. En même temps, si l’on résonnait ainsi, Falkir n’avait jamais le temps ce qui expliquait le mal que pouvait avoir son fils à obtenir une entrevue. Il ne jeta pas un regard à ce dernier lorsqu’il entendit un bruyant soupir, totalement replongé dans son travail. Cependant, il n’eut d’autre choix que de lever la tête lorsque l’héritier recommença à lui parler, ou plutôt à se plaindre, comme à son habitude.

Falkir cligna plusieurs fois des yeux sans parler. Raphael était venu pour parler de son coureur, ce que Falkir avait accepté malgré son imposante masse de travail ;
Il l’avait reçu pendent ses heures ou normalement il devrait converser avec quelconque maître d’ateliers, ce qui était en soit un très grand honneur ;
Il lui avait confié une tache pour lui prouver sa confiance en lui. Pour Falkir c’était le summum de la générosité, tout ce qu’il pouvait espérer en retour, c’était un peu plus de bonne volonté de la part de son fils !
Et bien non, ce dernier s’obstinait à lui émettre des conditions. Complètement résigné, et au bord de l’énervement d’avoir rater tant d’entrevues, Falkir répondit aux demandes de son fils :

« Soit, fais comme bon te semble, à l’unique condition que je choisisse moi-même ton maître d’œuvre, je tiens à être informé en détail de ton travail sur le chantier, je serais particulièrement désappointé si j’apprenais que tu passes ton temps à t’amuser pendent que les autres triment. »

Il regarda rapidement l’heure avant de rajouter tout en inscrivant de son écriture serrée quelques lignes sur un parchemin :

« Bien, as-tu autre chose à me faire part, car j’ai bien l’impression de gaspiller mon précieux temps à parler de choses aussi superficielles comme tes tenues de chantiers…bien que de te voir me fasse très plaisir. »

Impossible de savoir si la dernière partie de la phrase était ironique ou sincère, l’homme ayant adopté un ton particulièrement sobre. Il aurait parlé des dernières spécialités culinaires perneaines l’on n’aurait pas vu la différence !


Dernière édition par le Lun 29 Mai à 20:34, édité 1 fois
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Rafaël
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MessageSujet: Re: Requete.   Ven 19 Mai à 18:00

Pfff, son pere ne comprenait vraiment rien à rien. Et en plus il se croyait intelligent avec ses vannes qui ne valaient pas un pet de dragon ! Et il se remetait a travailler sans lui preter plus d'attention. Parfois Raf se demandait vraiment ce qu'il avait bien pu faire pour avoir des parents pareils... et il ne parlait pas de sa mere !!
En, plus il le soupsonnait de ne pas prendre sa nouvelle affectation au serieux. Falkir le connaissait donc si peu que cela ? Rafael critiquait beaucoup, ne parlait que de choses frivoles mais etait apres tout tres capable et le digne fils de son pere. Seulement le montrer n'etait pas tres fashion et l'adolescent en avait plus qu'assez de l'ambiance serieuse et morose du fort.

Ayant tout d emême obtenu tout ce qu'il voulait (et la promesse d'un nouveau coureur a la prochaine saison), Rafael se releva du bureau, renversant quelque uns des precieux parchemins du paternel (parchemins qu'il se garda bien de ramasser), fit une profonde et ironique reverence et sortit de la piece, bien decidé a aller se plaindre a son idiote de mere de telle facon que son pere ne pourrait en dormir de la nuit.
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MessageSujet: Re: Requete.   Lun 22 Mai à 20:53

Saraelle se promenait dans les couloirs du château, regardant rêveusement autour d’elle, de sa démarche gracieuse et altière. Elle s’ennuyait.
Elle en avait assez des radotages et des ragots de ses dames de compagnie, et avait prétexté un mal de tête pour toutes les renvoyer, puis prendre l’air en sortant un peu de ses appartements.
Elle arpentait doucement un long corridor lorsqu’elle vit son fils Rafaël sortir du bureau de Falkir, son époux et seigneur.
Saraelle éprouvait des sentiments très particuliers à l’égard de son enfant. Bien sûr, c’était son fils, son sang coulait dans ses veines, mais elle ne le reconnaissait que lorsque cela l’arrangeait. Elle ne s’intéressait pas à ses envies, préférant lui inoculer les siennes, comme on injecte un venin, goutte par goutte…
La Dame eut un grand sourire, elle venait de trouver comment se divertir. Elle appela son fils en s’approchant de lui, un sourire factice, tendre et avenant aux lèvres.

Rafaël !

Arrivée près de lui, elle se baissa pour se mettre à sa hauteur, consciente que cela le rabaissait de façon humiliante pour lui, puis lui caressa gentiment les cheveux, sachant parfaitement qu’il détestait cela.

Mon chéri, je te cherchais. Nous passons si peu de temps ensemble…

Puis elle l’observa attentivement, de ses beaux yeux clairs. Son fils avait fière allure. Malgré sa mine morose, on percevait le durcissement de ses traits au sortir de l'adolescence. Ses yeux verts presque semblable aux siens reflétaient toute sa prétention et son impatience. Saraelle poursuivit, ne feignant qu’à demi l’étonnement.

Que tu as grandi ! Tu es presque un homme à présent…

Saraelle, réalisant que son fils sortait d’une entrevue avec Falkir, décida de faire d’une pierre deux coups et de contrarier à la fois le père et le fils. Sans écouter ce que son fils avait bien pu lui répondre, elle s’écria avec un entrain surjoué.

Mais tu sortais du bureau de ton père, n’est-ce pas ? Il a donc terminé son travail ! Et si nous profitions de cette liberté pour passer un moment ensemble, tous les trois, en famille ?

Sans attendre une réponse, elle l’entraîna avec douceur mais fermement, de façon à ce qu’il ne puisse se dégager, et entra sans frapper dans le bureau de son époux. Elle lâcha alors le bras de Raphaël, et, oubliant aussitôt sa présence, se dirigea avec grâce vers Falkir.

Mon aimé, comment vous portez-vous ce matin ?

Elle lui sourit amoureusement, comme elle savait parfaitement le faire, et s’assit sur une chaise à côté de son époux.

Vous semblez épuisé, mon pauvre ami, vous œuvrez bien trop ! Et de plus, vous me délaissez…

Ses fines lèvres étirées en une mine faussement boudeuse, elle s’agrippa au bras du Seigneur du Fort, le regarda avec une tendresse plus vraie que nature, puis déposa un léger baiser sur la bouche de son mari. Saraelle nicha sa tête dans le cou de l’homme, consciente et amusée du fait qu’il devait en être extrêmement embarrassé, lui si rigide! Elle en jubilait. Son regard tomba sur l’Héritier qu’elle avait négligé jusqu’ici, et, prise d’une idée subite, elle dit d’une voix câline :

Mon époux, ne trouvez-vous pas que notre enfant a grandi ? Néanmoins il me paraît bien maussade, et il est si solitaire… Et si nous lui donnions un compagnon ?

Saraelle avait prononcé cette dernière phrase d’un ton dont on ne pouvait nier l’innocence, et qui pourtant était lourd de sous-entendu. La jeune femme sourit intérieurement. Elle se plaisait à imaginer les différentes interprétations que pourraient en faire son mari et son fils, et se retenait difficilement de rire en pensant à la signification qu’elle-même lui accordait.
La Dame du Fort avait cessé de s’ennuyer.
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Falkir
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MessageSujet: Re: Requete.   Mar 30 Mai à 16:19

Falkir reporta son entière attention sur le travail qui l’attendait, tandis que son fils quittait la pièce abordant un air outré. Le seigneur n’y fit pas attention, après tout, Rafael apprendra à l’usure qu’il est inutile de discuter avec lui. Lui assigner une telle tache ne pourra que lui être profitable.

Falkir soupira tout en fermant les yeux, un léger sourire au coin des lèvres. La perspective de passer l’après midi enfermé aurait ennuyé n’importe quelle autre personne, mais l’homme s’en accommodait avec joie. S’occuper des affaires du Fort était plus qu’une tache, c’était avant tout une passion.

Il prit lentement sa plume, ramassant les parchemins précédemment envoyés au sol, et ouvrit son encrier. Il s’apprêtait à effectuer quelques calculs sur les récoltes lorsqu’une voix se fit entendre. Surprit, Falkir laissa tomber sa plume qui alla rebondir sur sa feuille, laquelle s’enduisit aussitôt d’une couleur noire. Il observa tout d’abord sa Dame les yeux ronds, avant de se renfrogner.

*A croire qu’ils se sont tous liguer contre moi aujourd’hui !*

Il repoussa à contre cœur sa besogne, et se contenta de regarder avec insistance Saraelle. Ses yeux clignaient avec répétition, seul signe montrant son soudain trouble. Il essaya de se ressaisir, et décréta machinalement :

« Je me porte à merveille ma Dame, quant est-il de vous ? »

Une fois de plus, il jeta un regard sans émotion en direction de Saraelle, trouvant la bonne humeur de cette dernière presque male venue. Son visage se crispa à l’écoute de la femme. C’était sa faute à présent si ils ne se voyaient pour ainsi dire jamais !? Il n’eut aucune réponse (qu’elle soit verbale ou physique) aux minauderies et tendresses de sa femme, jetant un regard à son fils qui se trouvait derrière elle.
Que cherchait donc la Dame à jouer ainsi avec lui ? Il frémit cependant au baiser de la Dame, sa beauté hypnotique portant toujours une certaine emprise sur lui : Une beauté froide et fausse. Une simple façade qu’elle savait utiliser à son propre compte.
Il la repoussa doucement avant de se lever, répondant enfin à son épouse :

« Veuillez m’excuser du temps que j’accorde à la régence du Fort Ma Dame. Vous délaisser n’a jamais été mon intention. Il y a tant à faire que j’ai cru bon d’exclure toute autre activité. Vos dames de compagnie ne sont pas à votre goût ? Désirez vous en posséder de nouvelles ? »

Il se demanda l’espace d’un instant pourquoi chercherait il à trouver de nouvelles compagnes à sa femme, alors qu’il était déjà surchargé par son propre travail. Refuser ne serait-ce qu’une chose de matériel à sa Dame restait très difficile pour Falkir. Il éprouvait un profond mépris pour elle et paradoxalement il ne pouvait rien lui refuser, ressentant à son égard une affection maigre et pourtant tenace. Il savait qu’elle n’était que mensonge et tromperie, mais arrivait à se faire manipuler avec une aisance déconcertante.

Saraelle parla alors de Rafael, ce qui permit à Falkir de remarquer la présence de celui ci. Ses yeux cherchèrent une signification dans ceux de sa femme, sur sa soudaine envie de fournir un compagnon son fils. Ne trouvant que de la malveillance en réponse, il demanda à haute voix :

« Un compagnon ? Il me semble que Rafael passe le plus clair de son temps à papillonner. En quoi lui donner une nouvelle raison de repousser ses futurs obligations est une bonne idée ? »
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Rafaël
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 1 Juin à 15:33

Furieux, l'adolescent sortait du bureau de son pere lorsqu'une voix le fit tressaillir et s'arreter net. que faisait sa chere mere en dehors de ses appartements ?
En tout cas elle devait s'ennuyer, vu comme elle prenait plaisir a l'humilier en se mettant a sa hauteur ou le carressant comme l'un de ses sales canins !
Et voila qu'elle se mettait en tête de lui faire subir une reunion de famille ! Pour la famille c'etait un peu tard, Rafie savait bien qu'elle n'existait que pour la montre !
Neanmoins, n'ayant pas vraiment le choix, il suivit sa mere dans le bureau de son pere, s'adossant contre le mur pret de la porte, les bras croisés, boudeur, sans mot dire.
Il regarda sa mere minauder comme la derniere des srvante et debiter des fadaise tndis que son pere avait l'air au moins aussi furieux que lui-meme de se trouver la !

L'idée de sa mere le fit pourtant s'etrangler. Un compagnon ? Qu'est ce qu'elle entendait par la ? Il avait son félin, savait bien que les pupilles de son age se faisait rare....
Elle ne voulait tout de même pas deja le marier ?!

Heureusement son pere sembla avoir traduit autre chose des propos ambigus de son epouse et l'adolescent respira plus librement.

Je n'ai pas besoin de compagnon, la seule chose que je demande c'est un coureur decent ... a croire que c'est deja trop !
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MessageSujet: Re: Requete.   Dim 4 Juin à 16:13

Saraelle retint un sourire : son intervention avait eu exactement le but recherché, à savoir son mari et son fils étaient tous deux excédés de se retrouver dans la même pièce avec elle, mais ne pouvaient rien faire ou presque pour échapper à cette situation.
La froideur de son époux à son égard ne lui fit aucun effet, depuis toutes ces années de mariage elle y était habituée. Elle ne résista pas lorsqu’il la repoussa, il n’avait jamais été très tactile, et encore moins en public. Même si le « public » se résumait à leur fils unique, Rafaël !
Elle fit la moue devant les propositions de Falkir pour la divertir. Décidément, il ne comprenait rien à rien ! Il croyait toujours s’en tirer en donnant quelques ordres pour pouvoir être enfin tranquille et débarrassé d’elle. Et il en était de même pour son fils ! Falkir était si pragmatique, si terre à terre, si matérialiste. On lui demandait de l’affection et il vous donnait un nouveau bijou, ou une robe. Mais cela faisait bien longtemps que la Dame avait cessé d’espérer le moindre sentiment de sa part, bien qu’au fond elle sentît qu’elle ne lui était pas insensible.
Et puis, elle n’était pas non plus toute blanche… Jamais elle n’avait fait de véritable effort pour se rapprocher de lui. Qu’est-ce que cela lui aurait rapporté ? Elle n’avait qu’à demander pour avoir. Son époux lui avait toujours répugné. Leurs caractères étaient radicalement opposés.
Dans un mouvement d’humeur qui cette fois n’était pas feint, elle dit :

Oh, ne me parlez pas de ces mégères, je vous prie ! Elles ne font que me chuchoter des louanges à longueur de journées sur un ton mielleux et hypocrite, avant de me réclamer telle ou telle faveur !

Question hypocrisie, la Dame les battait toutes, de toute façon. Elle soupira, comme au comble du désespoir, puis posa sa main sur celle du seigneur, avant de lui parler doucement.

Leur compagnie m’est insupportable, alors que la seule que je désire vraiment est la vôtre, mon seigneur…

Elle lui lança un regard triste et résigné, qu’elle se plut à perfectionner en ajoutant une touche de tendresse, comme un artiste devant un tableau. Sauf que le tableau représentait tout sauf son auteur…
Dame Saraelle fut un peu déçue. Son époux n’avait pas compris, ou faisait semblant de ne pas comprendre ce qu’elle avait sous entendu. Quant à Rafaël, elle était certaine qu’il n’avait rien deviné. Elle fronça un instant les sourcils : si elle voulait vraiment s’amuser, elle allait devoir prendre un risque qui pourrait se retourner contre elle.
Elle hésita un moment, mesurant les conséquences assez désagréables que ses paroles allaient avoir sur sa propre personne, puis, jugeant qu’un instant d’amusement valait bien quelques mois de désagrément, elle joua le tout pour le tout. Surtout que cela contrarierait autant Rafaël que Falkir…
Elle prit donc la parole d’une voix douce, un peu plus basse.

Vous ne m'avez point comprise, tous les deux. A vrai dire, je pensais que Rafaël aurait besoin d’une personne…moins âgée que lui… à la quelle il servirait d’exemple…Je crois que cela lui ferait gagner en maturité…

Au cas où les deux garçons n’auraient toujours pas vu où elle voulait en venir, elle continua.

Sans compter que le fort a besoin d’une succession certaine…

Se délectant du regard de son époux et de celui de son fils qui commençaient à comprendre, elle dit encore, pour ôter toute possibilité de malentendu :

Ne croyez vous pas, mon aimé, qu’il faudrait donner à Rafaël un petit frère ou une petite sœur ?...
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Falkir
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MessageSujet: Re: Requete.   Dim 4 Juin à 19:47

Falkir leva un sourcil aux dires de sa Dame. Voila qu’elle se plaignait de ses demoiselles de compagnie alors que il y avait à peine une période elle en accueillait une nouvelle sous son toit ! C’était un comble aux yeux du seigneur régnant qui ne perdit pas l’occasion pour contredire Saraelle.

« Pourtant, il me semble que vous demandez régulièrement à grossir les rangs de votre personnel, ce que vous dites reste donc contraire à vos actes… »

Il ne s’étala pas non plus sur le sujet, parler des dames de compagnie de sa femme lui ferait perdre un temps très précieux qui commençait déjà à lui échapper. Frustré de cette conversation qui, il le sentait, allait durer bien plus qu’il ne l’aurait souhaité, Falkir se tint aussi droit qu’il le pu, il essaya tant bien que de mal de ne pas croiser le regard de sa femme. Avec un peu de chance, elle partirait se sentant ainsi ignorée !
Falkir savait qu’il ne devait pas trop s’accrocher à cet espoir, car sa femme prenait malin plaisir à déjouer tous ses plans et attentes.

Lors des aveux tendres de Saraelle, Falkir bien que troublé prit garde à ne pas montrer qu’il était totalement perdu. Les cajoleries de son épouse lui donnaient plus envie de déguerpir au plus vite que de l’écouter.
Elle lui exprima alors le souhait de passer plus de temps avec lui. C’était bien la dernière chose auquel Falkir s’attendait ! Stupefait, il ne pensa pas immédiatement à une ruse de la part de sa femme. La raison de cette envie lui échappait. Après quelques instants d'intense reflexion, il lui rétorqua d’une voix dure, légèrement blessée :

« Ce n’était pourtant pas le cas la dernière fois que je vous ai vu. Vous aviez l’air de bien vous amuser avec cet harpiste ! Veuillez excuser le doute qui m’anime face à votre demande ! »

Il se demandait bien ce qu’elle pourrait bien répondre à cela. Peut être se faisait il des idées mais sachant qu’il avait vu à de nombreuses reprises et dans un espace se trouvant à proximité de son épouse l’éventuel amant, il y avait de quoi se poser des questions ! Surtout si l’on prenait en compte le caractère de Saraelle.
La jeune femme tint alors des propos passant pour dénués de sens aux yeux du seigneur ne serait-ce dans l’instant. Cependant, à mesure que la Dame parlait, un affreux doute envahit Falkir qui espérait de tout cœur que ses suppositions restaient infondées.

Il eut un regard étonné, (et nullement ravie) lorsqu’il entendit la dernière phrase de sa femme. Etait-ce encore un de ses jeux, ou s’ennuyait-elle au point de vouloir un autre enfant ? Il s’agita sur son siège avant de dire :

« Êtes-vous sérieuse ? Pensez vous réellement que ce soit nécessaire ? Rafael n’est pas aux portes de la mort, il est indéniable qu’il sera le prochain seigneur régnant ! »


Il ne fit commentaire que sur l’histoire d’héritage, donner un frère ou une sœur pour le plaisir personnel du garçon ne l’intéressait que faiblement. De plus, un enfant entrainerait des tas de complication, bien que son éducation ne se ferait certainement pas par lui.
Il jeta un regard à Rafael, se demandant si lui-même désirait vraiment un cadet.
Quelque chose lui disait d’en douter.
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Rafaël
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 8 Juin à 15:05

Et voila, comme toujours des que ses deux parents etaient ensemble, ils se disputaient et l'oubliaient totalement. Il joua un moment avec l'idée de partir pendant qu'ils le zappaient mais n'en fit finalement rien . Les reunions de ce genre etaient tellement rares !
L'idée de sa mère le fit frissoner. Il ne voulait pas d'un ptit frere ! Oh, il n'avait rien contre une petite soeur, pourquoi pas apres tout, mais un frere remettrait ses droits a la successions en question ! Un frere etait un rival potentiel, ils seraient en competition et il n'aurait plus tout ce qu'il voulait.
C'etait tout simplement hors de question !

Si j'etais vous je ne le ferais pas, il parait qu'apres un certain age, il est dangereux d'être enceinte. Je suis touché, ma mere que vous pensiez a mon bien être au point de vous mettre en danger, mais je vous supplie de n'en rien faire. Ma peine serait immense si vous deviez périr en couche...

Et oui, Saraelle n'etait pas la seule a jouer le jeu de l'hypocrisie.
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 8 Juin à 19:24

Saraelle retint à grand peine un soupir ou une remarque blessante à l’intention de sa mari. Mais vraiment, il ne comprenait rien ! Ce n’était pas parce qu’elle aimait être entourée de nombreux courtisans qu’elle appréciait ces courtisans en eux-mêmes ! En fait, elle adorait qu’on lui mange dans la main, et on pouvait dire qu’avec tous ces aristocrates stupides et emplumés, elle était servie… Ils y mettaient d’ailleurs tellement d’assiduité qu’elle était souvent lassée de leur compagnie. Voilà ce que ne comprenait pas- ce que ne pouvait comprendre- son époux. Elle eut à son attention un geste désinvolte, qui sous entendait « oubliez ce que j’ai dit, de toute façon vous ne me comprenez pas, personne ne me comprend ».
La jeune femme se mordit ensuite furieusement les lèvres pour s’empêcher de rire : oh, oui, elle se souvenait fort bien de ce harpiste. Très beau garçon, elle n’avait pas pu résister à l’envie de jouer un peu avec lui… Falkir les avait surpris dans une posture pour le moins équivoque et embarrassante, que la Dame avait expliquée par une excuse tirée par les cheveux, dont son mari n’avait d’ailleurs pas cru un mot. Elle s’était joliment amusée, ce jour-là, vraiment ! La tête du seigneur du Fort lorsqu’il les avait vu valait tout l’or du monde aux yeux de Saraelle.

Oh, mon aimé, je vous ai déjà dit maintes fois qu’il m’aidait seulement à remettre mon collier. Vous êtes si soupçonneux avec moi… alors que je passe mes journées à vous attendre !

La Dame avait pris un ton vaguement accusateur, des larmes brillant fort à propos dans ses yeux verts.

J’ai tout abandonné pour vous ! Ma famille, mes amis, l’endroit où j’avais vécu depuis toujours… Je vous ai donné un fils, je vous ai soutenu, dans ce château froid, où je m’ennuie tellement. Je sais qu’une once de reconnaissance serait trop vous demander, monseigneur, mais accordez moi au moins votre respect !

Et voilà comment avec quelques mots on pouvait retourner une situation. L’accusant devenait l’accusé, le coupable devenait la victime, et vice versa. La Dame était assez fière de sa prestation : une voix tremblante de colère et de tristesse contenues, plus que sincère, des larmes débordant au bord de ses longs cils nacrés. Très réussi.
Elle détourna la tête, comme pour se reprendre, essuyant d’un geste les gouttelettes constellant ses cils.
Saraelle aurait rit aux éclats, si elle l’avait pu. Vraiment, les expressions respectives de son mari et de son fils étaient largement au dessus de ce à quoi elle s’était attendue ! Du seigneur qui se dandinait sur sa chaise, et qui devait sûrement se demander ce qu’elle avait derrière la tête, à Rafaël blême, elle en était sûre, à l’idée que la régence du Fort puisse lui échapper, elle était comblée.
Dans le fond, Saraelle n’avait aucune envie d’un autre enfant. Lorsqu’elle était enceinte de Rafaël, elle s’était montrée assez insupportable : sa difformité la mettait d’une humeur exécrable, et les pierres grises du château elles-mêmes devaient encore se souvenir de ses crises de colère. Et puis, un enfant, ça court partout, ça crée toujours des soucis, en gros ça vous empoisonnait un peu plus la vie. Pourtant, la Dame du Fort était prête à subir une nouvelle grossesse, rien que pour voir, quand son deuxième garçon serait né –elle avait décidé que ce serait un garçon- la querelle de ses deux fils pour obtenir l’héritage de leur père.
Elle prit un air on ne pouvait plus sérieux pour répondre à Falkir.

Mon époux, j’admire votre optimisme, mais nous n’avons qu’un fils, et pas plus que le moindre des paysans nous ne sommes à l’abri d’une maladie, ou d’un accident. Il est de notre devoir d’envisager ces possibilités, même si cela nous fait mal.

Voilà que c’était elle qui lui rappelait leur devoir de seigneurs régnant, maintenant. On aurait tout vu ! Pourtant ses paroles étaient prononcées d’un air si solennel qu’il paraissait impossible de douter de leur véracité. Elle continua, avec un léger sourire qui illumina son visage si pâle.

Et puis, je voudrais tant avoir une petite fille… L’idée d’avoir un autre enfant vous déplait-elle à ce point ?...

Pour la fille, ce n’était pas vrai, elle préférerait échanger secrètement son enfant contre un garçon venu d’un orphelinat quelconque si elle en avait une. Hors de question de manquer l’occasion de donner un rival à son premier fils à cause d’une fille !
La réponse de Rafaël lui arracha un sourire tendre, cette fois tout à fait sincère : son fils avait beau dire, il lui ressemblait bien plus qu’il ne le pensait. Cette pensait l’emplissait d’une joie mauvaise : elle avait réussi à façonner son fils plus ou moins à son image, elle avait sa revanche sur son mari…
Par contre, elle fut horriblement vexée par sa remarque sur son âge ; elle n’avait que 34 révolutions, elle était loin d’être vieille ! Elle était loin d’être vieille…

Mon chéri, c’est adorable de ta part de t’inquiéter pour moi. Cependant je ne suis point encore dans l’âge où il devient dangereux d’avoir des enfants ; et d’autre part, mon premier accouchement s’est parfaitement déroulé. Je comprends tout à fait ton inquiétude à l’idée de me perdre, mais en tant que fils de seigneur, tu dois comprendre que nos obligations passent outre nos peurs…

Elle avait fait exprès de dire « fils de seigneur » et pas « héritier ». D’accord, c’était gratuit, mais ça l’amusait tellement !
Oui, vraiment, l’idée d’un deuxième garçon la séduisait de plus en plus. Quelques ombre gâchaient le tableau : son ventre déformé neuf mois durant, les douleurs horribles d’un accouchement… Mais dès qu’il serait sorti de son ventre, elle serait tranquille. Pour son éducation, il y aurait toujours des nurses et des professeurs. Et l’arrivée d’un second héritier potentiel entraînerait nombre de situations follement divertissantes. Elle avait déjà quelques idées pour envenimer les choses après sa naissance.
Neuf mois, et la Dame pourrait s’amuser plus que jamais…
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MessageSujet: Re: Requete.   Ven 9 Juin à 19:12

Falkir n’eut comme réponse qu’un grognement. Il n’était pas aussi naïf que ça, croire que ce harpiste rajustait le collier de son épouse ne lui effleura pas un seul instant l’esprit ! Il essaya une nouvelle fois de se dégager de l’étreinte de sa femme, avant que cette dernière n’arrive vraiment à l’attendrir. Ses larmes qu’il soupçonnait être fausses ne le laissait cependant pas de marbre ! Les reproches que lui adressait Saraelle n’étaient pas non plus injustifiées, mais de là à croire que la femme était sincère !
Il essaya tant bien que mal de ne pas croiser le regard embué de sa Dame, et répondit d’une voix altérée par le trouble :

« Je comprends votre chagrin, cependant je n’y peux rien. Vous rendre malheureuse n’a jamais été mon intention … »


Il baissa les yeux avant de se lever brusquement, poussant légèrement la femme pour pouvoir échapper à l’emprise de la femme. Il fit mine de ranger quelques papiers, le temps de reprendre ses esprits. Rafael de son côté s’inquiétait de la santé de sa mère. Enfin « paraissait » s’en inquiéter. Falkir ne savait pas à quoi s’en tenir avec eux deux. Réunis, ils valaient tous les poisons de Pern ! Saraelle quant à elle paraissait outrée d’être considérée comme vieille et aigrie. Le Seigneur s’adressa à son épouse non s’en jeter un regard en direction de son jeune fils :

« Oui, je le sais bien que nous ne sommes pas à l’abri d’un accident mais tout de même ! Pourquoi choisir maintenant ? Vous vous ennuyez à ce point ? »

Puis il choisit d’accepter. Après tout, cela ne changerait rien à sa vie, et il n’aurait plus Saraelle sur le dos pour le moment ! De plus, s’il s’avérait que l’enfant soit un garçon, sa descendance serait assurée. Peut être même que le cadet serait plus apte à gouverner que Rafael ! Surtout qu’un petit concurrent pour Rafi réveillerait ce dernier. Peut être montrera il alors plus d’entrain à s’occuper des affaires du Fort.
Falkir soudain plus confiant se décida à suivre cette voie. Il déclara d’un ton morne :

« Très bien, si tel est votre désir. . »

Curieux de connaître l’avis de son fils, il lui demanda :

« Et toi Rafael, qu’en penses tu ? »


Il lui lança un regard qui voulait clairement dire : « quoi que tu en dises c’est ainsi ! », puis il choisit enfin de se rasseoir, sentant que la conversation n’allait plus durer très longtemps. Enfin il l’espérait !! La proximité de sa femme ne l’aidait pas à garder son calme déjà très précaire due à une journée difficile.
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Rafaël
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 15 Juin à 10:51

Et hop, sa mere repartait dans le mélo. C'etait dans ses moments la qu'il se sentait proche de son pere. Ce genre de comportement etait long et ennuyeux. Et puis cela ne collait pas avec l'image digne qu'il fallait donner du fort.
Mais plus que tout, on ne parlait pas de lui. Ce qui faisait que la conversation etait franchement ininterressante et que l'adolescent rêvait de s'en aller.
Il soupira tout bas. Son pere etait doué pour la politique mais se faisait franchement manipuler par son epouse. Pourtant ses stratagemes etait tellement gros...il en avait honte pour Falkir tiens. Pas etonnant que les gens de la ville ne le respecte que si peu !

Plus le temps passait, plus il rêvait de s'eclipser. Toute cette histoire lui donnait la nausée...sans parler de cette idiotie de petit frere ! Rafie se promit bien d'echanger le bébé contre la premiere petite fille venue si cela s'averait être un garcon.

Lancant un regard furieux a son père si faible, il dit en ouvrant la porte.

Que vous chaut mon avis, vous avez deja prit votre decision il me semble.

Il eut un sourire mesquin.

Je crois que les details technique de l'acquisitions de votre nouveau jouet se discutent en privé, mère. Je me premet donc de vous demander humblement congé.

Et sans attendre la réponse, il sortit de la piece et disparut.
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 15 Juin à 21:03

Ca y était, Saraelle commençait à s’ennuyer. Oh, bien sûr, les expressions de son mari et de son fils avaient largement valu la peine qu’elle s’était donnée, mais le moment d’amusement était passé. Falkir était un homme si ennuyeux ! Si protocolaire. Prévisible. Très divertissant quand on voulait le manipuler, mais comme tous les jeux, c’était lassant à la longue. Et la Dame se lassait bien pus vite que la plupart des gens. Mais là… Il avait cédé si vite à ses désirs qu’elle n’avait même pas eu le temps de bien profiter de la situation !

Mais mon époux, vous ne semblez pas avoir conscience du fait que pour une femme enfermée dans un château, il est impossible de s’amuser. Et cet enfant mettrait un peu de vie entre ces murs gris, mornes, et froids, n’êtes vous pas de mon avis ?

Question de pure forme qui n’attendait aucune réponse. De toute façon, elle l’avait décidé, il le ferait. La Dame commençait d’ailleurs sérieusement à regretter son audace. Elle n’avait aucune, mais alors aucune envie de passer une nuit avec son époux. Elle avait déserté sa couche il y avait bien longtemps, juste après la naissance de Rafaël, d’ailleurs. Estimant son devoir accompli, elle s’était recluse dans ses appartements. Et aujourd’hui, l’idée d’un nouvel enfant ne l’enchantait guère. Son goût du jeu la perdrait !
Ne voulant rien laisser paraître de son abattement, elle se composa une mine joyeuse et rit aux éclats.

Merci, monseigneur !

Et elle l’embrassa une fois de plus, il détestait ça. Elle avait l’impression de donner un baiser à une statue. La Dame, en regardant son époux et seigneur, eut une grimace de dégoût, et une poussée violente de haine emplit son cœur et son esprit. Quel idiot, quel niais… Elle le détestait, elle le détestait ! S’il n’avait pas assuré sa protection et son divertissement en grande partie, elle l’aurait empoisonné… Oh, oui, elle l’aurait fait, et elle aurait bien ri ! Ce n’était pas difficile, et ça n’aurait pas été la première fois… C’était si drôle ! Elle aurait voulu le voir mort ! Mort ! Et rire, rire de ses convulsions et de ses grimaces de douleurs… Cette scène, Saraelle l’avait imaginée dix fois. Et dix fois elle s’était contrainte d’y renoncer. Elle ne voulait pas l’avouer, mais sans lui, elle était bien faible, bien seule… sans pouvoir ou presque.
Secouant vaguement la tête, pour évacuer ces pensées horribles, elle ne releva pas la remarque de son fils, et lui répondit le plus naturellement du monde :

En effet, cela ne te regarde pas. Sors.

Saraelle écouta attentivement les pas de son enfant s'éloigner dans le couloir. Quand elle fut bien certaine qu'il était parti, elle reporta son attention sur son époux. Prise d’une inspiration subite, elle dit :

Et si nous adoptions cet enfant ? Il y a tant de miséreux ! Personne ne le saurait ! Il suffirait de prendre sous notre protection un des ces orphelins !

La Dame pressentait un refus, elle savait qu’elle allait trop loin, mais elle pouvait bien tenter sa chance. Si elle pouvait s’épargner une grossesse, ce ne serait pas plus mal !...
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MessageSujet: Re: Requete.   Dim 18 Juin à 11:45

Pour Falkir, il était grand temps de faire partir sa petite famille, et a plus vite. Le temps tournait à une vitesse folle, ce qui affolait au plus haut point le Seigneur ! Il avait la nette impression qu’il n’arriverait pas à terminer son travail à temps cette fois ci !

Il préféra donc ne pas répondre aux plaintes de sa femme, pour écourter au plus la discussion.
Cependant, l’air de dégout de son épouse, bien que passager ne lui échappa pas. Il leva un sourcil, et fixa pendent plusieurs minutes le visage de sa femme, soudain refroidi (si c’était possible de faire plus). Donc, tout comme Saraelle, il ne prêta pas attention à la réponse de son fils, bien que la question correspondante était de son du. Il se contenta de lui dire sans quitter des yeux sa femme :

« Oui, tu peux te retirer maintenant … »


Mais Rafael n’avait apparemment pas attendu sa permission pour quitter la pièce visiblement furieux. Falkir eut un soupir, il avait grande envie de faire part de son opinion sur le garçon à Saraelle, mais cela engagerait d’allonger la durée de cette entrevue non prévue. La mine soudaine joyeuse de la Dame l’alarma. Il sut d’instinct qu’elle se moquait de lui. Il était évidement au courant, mais à cet instant précis tout lui apparut comme une certitude. Se risquerait-il ? Il savait que sa femme ne l’aimait pas. Jusque lors, il avait espéré qu’elle ressente ne serait-ce qu’un peu d’affection à son égard, mais chaque nouvelle rencontre avec cette dernière lui indiquait le contraire.
Et lorsqu’elle parla d’adoption, il dit avec fermeté, son visage assombrit par la colère :

« Il en est hors de question. Je ne sais pas à quoi vous jouer mais ce dont j’en suis sur, c’est qu’il n’est pas dans vos habitudes de vous soucier du peuple, et encore moins des plus démunis. De plus il risquerait d’y avoir des fuites, il est impossible que personne ne s’en rende compte. Je refuse catégoriquement. »

Puis il réfléchit. A présent, il était en un tel état de colère, qu’il avait du mal à vraiment organiser ses idées. Il avait en cet instant une furieuse envie de faire subir à sa femme ce qu’elle-même s’accordait à lui faire. Mais une fine barrière l’en empêchait. Tout d’abord, il ne pourrait jamais faire de mal à sa femme, ensuite ce n’est pas dans son habitude de perdre son calme, et en dernier lieu le couple de dignitaires du Fort se doivent de montrer une bonne image de leur couple, un couple soudé.
Toutes ses raisons ne pouvaient pas l’aider à s’occuper vraiment du problème « Saraelle ».
Il eut un raclement de gorge, et ajouta :

« Je viendrais vous rendre visite ce soir, après le repas. »

Puis, il lui lança un regard dur, et ouvrit en grand la porte, de telle sorte que la femme ne puisse pas choisir la direction à prendre. Qui sait ?! Peut être aurait voulu rester plus, rien que pour empêcher l’homme d’effectuer toutes ses taches déjà bien en retard.

« Passez une bonne journée ma Dama. » dit il d’un ton ferme, indiquant qu’il n’était pas la peine d’ainsister.
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MessageSujet: Re: Requete.   Jeu 22 Juin à 13:11

Saraelle soupira intérieurement. Pas vraiment de déception, elle s’était plus ou moins attendue à cette réponse. La plupart du temps, elle arrivait à mener son mari à la baguette, mais quand elle allait trop loin, le Seigneur savait lui dire non. En temps normal, la Dame aurait insisté jusqu’à obtenir ce dont elle avait envie, mais après mûre réflexion, et bien qu’elle ne l’admettrai jamais devant Falkir, cette adoption ne lui semblait plus une si bonne idée. Elle ne voulait pas qu’une personne étrangère à sa famille –même si ce mot avait bien peu de valeur à ses yeux- ait une chance, même moindre, de prendre la régence du Fort.
A la tirade se son mari, Saraelle prit un air immensément triste et songeur, et détourna lentement la tête.

Et qui vous dit que je n’ai pas changé ? J’ai jusqu’ici fait une bien mauvaise Dame, mon époux, je le reconnais. Mais les temps changent, les gens aussi. Je me suis rendue compte de certaines choses, et la misère de certaines personnes en fait partie… N’ai-je, comme tout le monde, droit à une deuxième chance ? Pourquoi ne devrais-je pas aider ceux que le destin moins favorisé que moi ?

Les yeux embués de larmes, elle poussa un soupir très convaincant, comme si elle comprenait la défiance de son époux. Puis elle reprit la parole d’un ton résigné et docile, qu’on ne lui entendait jamais.

Cependant j’accepte votre décision, parce que vous êtes mon Seigneur et que je vous obéirai en toute circonstance…

La blague…
Se retenant à grand peine de rire de sa propre prestation, la jeune femme adressa un regard faussement reconnaissant à la promesse de Falkir, avant de baisser les yeux pour répondre sobrement, de sorte qu’elle ne vit pas le regard agressif que lui lançait son époux.

Merci, monseigneur…

Voyant qu’il lui avait ouvert la porte (façon diplomatique de la mettre à la porte), elle fut contrariée de se voir ainsi rejetée, avant d’être rassérénée à la pensée qu’elle lui avait fait perdre une bonne petite heure au moins avec ces futilités. Elle passa donc doucement devant lui pour sortir de son bureau.

Vous aussi, mon ami. Je vous remercie du temps que vous m’avez accordé, et de tout ce que vous faites pour moi.

Déposant un dernier baiser sur ses lèvres qu’on aurait dites de pierre, elle sortit gracieusement de la pièce et s’éloigna dans le corridor, réfléchissant aux conséquences que cette conversation allait avoir sur les événements à venir, et de quelle façon elle pourrait en tirer le meilleur parti…
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